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Comme prévu dans son programme de renforcement du contrôle bancaire, la Banque de la République dHaïti (BRH) a développé ce nouveau cadre de surveillance des établissements bancaires qui entrera en vigueur au cours de lannée fiscale 1997-1998. Lévolution importante du système bancaire au cours de la dernière décennie constitue la principale raison ayant justifié la révision de ce cadre. Ce cadre de surveillance a été élaboré suivant un principe énoncé par le Comité de Bâle selon lequel tout organisme de contrôle bancaire doit établir des politiques à légard de la portée et de la fréquence de ses travaux de surveillance en plus de développer des politiques et procédés visant à favoriser des travaux exécutés de façon constante selon des objectifs clairs. Ce document expose les principes de base, lesprit et les méthodes de travail privilégiés par la Direction de la Supervision dans lexercice de sa mission de surveillance des établissements bancaires. Ce document est destiné à un large auditoire, et à ce titre, a pour objet de fournir au lecteur une meilleure compréhension des activités de surveillance conduites par la BRH. En résumé, ce cadre de surveillance prévoit :
Objet du Cadre de surveillance La Direction de la Supervision a pour mission de surveiller les établissements bancaires relevant de sa compétence afin de préserver la confiance du public dans le système bancaire haïtien. Ce cadre de surveillance vise non seulement à ce que la Direction de la Supervision s'acquitte de cette mission de manière efficiente mais également à ce que les employés de cette Direction accroissent leurs compétences, leurs connaissances et mettent en valeur leur professionnalisme. Dun point de vue opérationnel, le cadre de surveillance vise à permettre au personnel de la Direction de la Supervision daméliorer le suivi de lévolution du système bancaire et de ses composantes, de communiquer rapidement des renseignements sur létat actuel et lévolution du système bancaire et de ses composantes au Conseil dAdministration de la BRH, de détecter rapidement les problèmes de solvabilité des établissements bancaires, de détecter rapidement les violations des lois et règlements et enfin, de proposer des moyens de corriger rapidement les problèmes et violations observés. Principes de base de la surveillance Le contrôle des banques est un élément essentiel du renforcement du système financier compte tenu du rôle de premier plan que jouent les établissements bancaires dans lintermédiation financière et le système des paiements. Le contrôle des banques vise à sassurer que les établissements bancaires mènent leurs activités de manière saine et prudente et que les fonds propres sont suffisants pour supporter les risques quils encourent. Dans plusieurs pays, les crises bancaires et les faillites systémiques de banques ont démontré que les coûts liés à une supervision bancaire déficiente sont généralement plus élevés que ceux associés au contrôle des banques. Ce cadre de surveillance a été préparé selon les principes de base suivants :
Le processus de surveillance fait appel à la surveillance sur pièces et à linspection sur place. Ces deux modes dintervention sont approchés selon les mêmes préoccupations générales et les mêmes objectifs. Linspection sur place vise généralement à apporter un meilleur éclairage et plus de précision sur des situations identifiées lors de la surveillance sur pièces. Il ne sagit donc pas dactivités séparées mais plutôt complémentaires sinscrivant dans une même démarche et contribuant, toutes deux, à renforcer la surveillance des banques. Les activités de surveillance consistent à recueillir de linformation comptable et extra-comptable à une date donnée et à analyser cette information dans le but dévaluer la situation financière actuelle et prospective dun établissement bancaire. De façon générale, les activités de surveillance ne couvrent que les aspects identifiés comme importants ou risqués. Surveillance sur pièces La Direction de la Supervision effectue une surveillance sur pièces de tous les établissements bancaires. Cette surveillance a pour but principal didentifier les problèmes financiers avant que ceux-ci ne soient détectés par l'inspection sur place. Cette identification plus rapide des problèmes permet de prendre des actions visant à freiner la dégradation de la situation financière des établissements bancaires et à limiter les pertes que les déposants pourraient éventuellement subir. De façon spécifique, la surveillance sur pièces vise à suivre lévolution de la situation financière des établissements bancaires et des situations de risques déjà identifiées, à vérifier le respect des normes prudentielles, à détecter rapidement les situations de risques qui se développent entre les inspections sur place, à prendre des mesures correctrices avant que les situations ne se dégradent davantage et enfin, à orienter avec plus defficacité les travaux dinspection sur place. Ce mode de surveillance est fondé sur le développement doutils danalyse efficaces permettant dutiliser à sa pleine valeur toute linformation recueillie des banques telle que les états financiers et autres formulaires de déclaration statutaires incluant ceux liés aux normes prudentielles. Une série de rapports statistiques ou danalyse mensuels, trimestriels et annuels émanent du processus de surveillance sur pièces. La surveillance sur pièces seffectue à partir de la connaissance et de lexpérience acquises par la BRH à légard de chaque établissement contrôlé, lanalyse des informations réglementaires soumises périodiquement par les établissements ainsi que de tous les autres renseignements pertinents provenant de sources telles que : les journaux, la télévision, la radio, les responsables des établissements ainsi que leurs clients. La surveillance sur pièces inclut habituellement le calcul et l'analyse de ratios financiers clés pour les éléments suivants : les fonds propres, la qualité de l'actif, la rentabilité et la liquidité. Les analystes complètent cette évaluation par une analyse comparative de létablissement avec lui-même et avec ses concurrents afin de dégager les tendances. Une analyse semblable est également effectuée périodiquement dun point de vue consolidé pour l'ensemble du secteur bancaire. La surveillance sur pièces ne constitue qu'un complément et non un substitut à l'inspection sur place. Des activités d'inspection cruciales telles que l'évaluation de la qualité du portefeuille de prêts et lévaluation de la fiabilité de linformation financière transmise à la BRH par le biais des formulaires de déclaration ne peuvent être examinées quau moyen dune inspection sur place. Inspection sur place Linspection sur place permet de revoir certains aspects de la gestion dun établissement bancaire qui ne peuvent être évalués à distance. Le présent Cadre de surveillance prévoit que linspection sur place peut être générale, trimestrielle ou ponctuelle. Linspection générale seffectue selon le cycle de surveillance prévu et couvre lensemble des activités et opérations dun établissement bancaire. Linspection trimestrielle sert à appuyer les travaux de surveillance sur pièces et consiste à effectuer une revue des procès-verbaux de létablissement et à rencontrer les responsables des finances, du crédit et de laudit interne. Linspection ponctuelle est généralement initiée à la suite de la découverte dune situation problématique et ne sintéresse quà létude de celle-ci, que ce soit pour une banque en particulier ou pour lensemble des banques du système. Lorsquelle est générale, linspection sur place poursuit les objectifs suivants :
Le processus d'inspection sur place comporte quatre étapes distinctes toutes dotées de principes, méthodes et critères. Il s'agit de la planification de linspection, des travaux sur place, de la synthèse (communication des résultats) et du suivi. L'étape de la planification a pour principaux objectifs dobtenir une information comptable et extra-comptable à jour, de déterminer le profil des risques de l'établissement, de préciser les questions qui n'ont toujours pas été réglées depuis la dernière inspection ainsi que didentifier les préoccupations prioritaires, notamment les risques d'insolvabilité et de violation des lois et règlements. Cette étape débute par lenvoi dune lettre pré-inspection à létablissement. Cette lettre, envoyée 45 jours avant le début de linspection, spécifie les dates de linspection et les documents et informations devant être transmis à la BRH. Dans certaines circonstances, lorsque leffet surprise apparaît comme étant un élément important à lexécution de linspection, la BRH peut surseoir à lutilisation dune lettre pré-inspection. Le mémorandum de planification représente le principal produit de l'étape de la planification. Il oriente les inspecteurs et les aide dans lexécution des travaux sur place en plus de garantir l'uniformité des processus d'inspection et de révision. Cette étape est essentielle à tout processus de surveillance fondé sur lanalyse des risques. Elle savère aussi largement tributaire de la qualité des renseignements transmis par l'établissement. Létape des travaux sur place proprement dite consiste à se rendre dans les locaux de létablissement et à effectuer lensemble des procédures requises dans le cadre des travaux dinspection. Elle samorce par une rencontre dintroduction qui réunit des représentants de la Direction de la Supervision et de létablissement. Cette rencontre sert à présenter les orientations et le calendrier de linspection en plus de permettre de définir le modus operandi que devront suivre les inspecteurs de la BRH et le personnel de létablissement dans leurs relations durant toute la durée des travaux sur place. Linspection générale inclut linspection comptable, linspection de conformité et linspection de gestion. Linspection comptable vise à fournir lassurance que les informations financières produites par les banques et sur lesquelles la BRH appuie sa stratégie de surveillance, sont fiables. Linspection de conformité a pour objet de sassurer quun établissement bancaire respecte lensemble des lois et règlements. Enfin, linspection de gestion consiste en une analyse de la capacité de létablissement bancaire à identifier, mesurer et contrôler les différents risques auxquels il est soumis. Létape des travaux sur place se conclut par une rencontre entre des représentants de la Direction de la Supervision et de létablissement. Cette rencontre vise à informer la Direction de létablissement des conclusions préliminaires de linspection, à obtenir ses commentaires et à expliquer les étapes subséquentes. L'étape de synthèse (communication des résultats) a pour but de présenter, de façon claire et concise, les constatations et recommandations découlant de l'inspection aux différents destinataires. En général, plusieurs documents sont préparés à lissu des travaux dinspection :
En règle générale, le suivi de la mise en place des recommandations seffectue dans le cadre des activités de surveillance sur pièces. Toutefois, une stratégie différente peut être développée en fonction de la sévérité des problèmes constatés et de lurgence de la mise en place des recommandations La BRH utilise lapproche CAMEL pour appuyer sa méthodologie de surveillance. Cette approche est fondée sur lévaluation des risques liés à lactivité bancaire et propose un modèle de surveillance qui permet dévaluer chacun des risques sous langle dune gestion saine et prudente. Les différents attributs inspectés sont les fonds propres (Capital), les actifs (Assets), la gestion (Management), les bénéfices (Earnings) et la liquidité (Liquidity). Comme ces attributs ne revêtent pas la même importance pour tous les établissements, létendue et les priorités des travaux dinspection sur place peuvent différer dun établissement à lautre. La BRH utilise le système CAMEL comme un guide méthodologique plutôt quun système de cotation permettant de classer les établissements bancaires les uns par rapport aux autres. Lévaluation des attributs CAMEL se résume ainsi :
Organisation de la surveillance La Direction de la Supervision compte deux services : Inspection & Surveillance et Analyse. Le premier service soccupe de toutes les interventions sur place alors que le deuxième est responsable du processus de surveillance sur pièces. Pour éviter tout clivage qui pourrait se développer du fait de cette séparation des fonctions, la Direction de la Supervision favorise une grande interrelation entre ces deux services. Ils fonctionnent selon une dynamique par laquelle chaque groupe bénéficie de la révision que lautre groupe fait de ses travaux. Le service Inspection & Surveillance comprend trois équipes dinspection ayant chacune pour mission principale deffectuer des inspections sur place ou ponctuelle de même que des suivis trimestriels dans les établissements. Chaque équipe est responsable dun portefeuille précis détablissements bancaires. Le service Analyse est composé de trois analystes responsables du contrôle sur pièces. Ces analystes évaluent en permanence le profil de risque des établissements bancaires et du système bancaire dans son ensemble. Ils doivent développer une excellente connaissance des activités des établissements bancaires qui leur sont assignés et ont pour responsabilités de traiter et compiler linformation financière provenant des établissements bancaires, danalyser promptement celle-ci, de communiquer rapidement toute situation problématique, dorienter le travail des inspecteurs sur place et de participer aux inspections sur place. Lassignation détablissements bancaires précis aux équipes dinspection et aux analystes favorise une meilleure connaissance des établissements et un meilleur dialogue avec ses représentants. Le cycle des inspections sur place générales est de 12 mois pour les trois plus importants établissements bancaires en termes dactif et de 18 mois pour les autres établissements. Des suivis trimestriels sont effectués pour chacun des établissements bancaires. Un établissement qui connaît une situation financière problématique peut être visité plus fréquemment. Un établissement nouvellement constitué fait lobjet de deux visites par an au cours des deux premières années de son exploitation. Travaux des vérificateurs indépendants La BRH oblige les établissements bancaires à faire vérifier leurs états financiers annuels par une firme de vérification indépendante. Le travail mené par cette firme consiste en un examen étendu effectué dans le but dexprimer une opinion sur la fidélité avec laquelle les états financiers de létablissement présentent sa situation financière, les résultats de son exploitation et lévolution de sa situation financière selon des principes comptables appropriés, appliqués de la même manière quau cours des exercices précédents. Ainsi, sans garantir lexactitude des états financiers, lopinion énoncée par le vérificateur indépendant à leur égard en augmente la crédibilité. Compte tenu de cette opinion et de la nature des travaux effectués par le vérificateur indépendant, la BRH entend sappuyer sur ceux-ci afin déviter le dédoublement des travaux de même nature. Le processus de fiabilité peut aller dune simple discussion avec le vérificateur indépendant jusquà la révision en profondeur de ses dossiers dinspection. Les objectifs de la rencontre avec le vérificateur indépendant ou de la révision de ses dossiers sont les suivants :
Ce processus de fiabilité est à sens unique, cest-à-dire quun vérificateur indépendant ne peut pas décider de réduire la portée ni létendue de sa vérification compte tenu des activités de surveillance poursuivies par la BRH. Cependant, la BRH peut rencontrer le vérificateur indépendant, sur demande de ce dernier, afin de linformer de la situation "réglementaire" de létablissement bancaire. Le vérificateur indépendant a la responsabilité de tenir létablissement informé de toutes ses communications avec la BRH. De son côté, létablissement est tenu de mettre à la disposition de son vérificateur indépendant une copie de toutes les communications écrites échangées avec la BRH.. |