Discours du Gouverneur de la Banque de la République dHaïti (BRH), M. Fritz Jean, à loccasion de la clôture du séminaire organisé conjointement par la BRH et le CEMLA sur le thème Supervision Bancaire, Gestion du Risque Financier et Banques Centrales, du 25 au 29 octobre 1999. |
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Messieurs les Représentants des organismes internationaux, Messieurs, Mesdames des Banques Centrales de la Caraïbe, Messieurs, Mesdames les Représentants des institutions financières, Chers invités et participants,
Encore une fois, la Banque de la République dHaïti se félicite davoir, avec le CEMLA, organisé un séminaire sur un thème dactualité: Bank Supervision, Financial Risk Management & Central Banks. Tout au long de cette année, suite à la crise asiatique, des cadres de la BRH ont participé à différentes rencontres, séminaires ou conférences pour nous permettre de mieux cerner ce qui sest passé et aussi profiter de lexpérience des autres pour mieux nous armer face aux adversités des marchés financiers. Cette cérémonie de clôture est donc pour nous ce soir, un pas de plus dans leffort de consolidation de notre système financier. Pour le rappeler, si besoin est, doctobre 96 à décembre 98, la BRH a introduit 9 normes prudentielles; de la norme sur les risques de change à la dernière en date sur la suffisance des fonds propres, sans oublier la norme sur la concentration des risques et celle sur la classification et le provisionnement des prêts. Cette action de la BRH, en définissant mieux les règles du jeu, a permis daccroître lefficacité dans le système bancaire et a aussi contribué à créer des conditions favorables à un environnement sain et compétitif. Toutefois, cette mise en place na pas été réalisée sans certains ajustements dans le comportement des différents acteurs concernés. Au niveau de la Banque Centrale, il a fallu faire appel à nos partenaires internationaux, particulièrement le Fonds Monétaire International, pour des missions dassistance technique. Du côté des banques commerciales, de nouvelles stratégies de captation de part de marché ont dû être définies, impliquant lintroduction de nouvelles technologies et la recherche dun personnel avec des connaissances plus pointues. Lorsque dans son Staff Report for the 1999 Article IV Consultation, le Fonds Monétaire stipule et je cite "Dans le secteur financier, la capacité de supervision de la Banque de la République dHaïti et le cadre régulatoire continuent à être renforcés", nous partageons ces compliments avec les banques de la place qui ont maintenu un dialogue soutenu avec lInstitution de régulation dans la mise en place de ces normes. Ce dialogue permanent avec les banques nous a permis de mieux définir nos objectifs au niveau macro, sans toutefois négliger les implications micro de nos politiques. En témoignent les discussions en cours sur la dollarisation et plus particulièrement sur les ratios élevés Prêts US$ / Dépots US$ qui pourraient occasionner des situations de crise avec des conséquences graves sur le fonctionnement du système. Le problème de différentiel dimposition de réserves obligatoires sur les deux monnaies est posé, aussi bien que celui de la monnaie de constitution des réserves. Nous espérons que très bientôt nous arriverons à une proposition qui pourrait être un coefficient dimposition monnaie sur monnaie combiné à un certain ratio Prêt US$ / Dépot US$, ce dernier avec des échéanciers non pénalisants pour les banques qui auraient besoin dun temps dajustement plus long que dautres. Cette règle nous permettrait dadresser deux problèmes: 1) le problème de différentiel dimposition; 2) les problèmes liés à un ratio prêt/dépôt trop élevé dans une monnaie autre que la gourde. Toutes ces actions de la Banque Centrale nauraient cependant pas eu limpact voulu si le cadre macroéconomique dans lequel évoluent nos institutions nétait pas approprié. Elles se sont, en effet, déroulées dans le cadre formel du programme-relais convenu avec le Ministère de lÉconomie et des Finances pour lexercice 1998-1999. Les réultats de ce programme confirment lorientation donnée par les autorités monétaires et fiscales en faveur dune certaine stabilité macroéconomique et le respect des engagements pris par celles-ci. Globalement, on observe quà lexception du crédit bancaire au secteur public non financier et des arriérés de paiement externes, tous les critères de réalisation proposés ont été respectés. Le financement de la BRH au gouvernement central a atteint 1 089,7 millions de gourdes contre 1 151 millions prévus dans le programme, les avoirs intérieurs nets nont pas dépassé la moitié du plafond prévu (339 millions de gourdes) et les réserves nettes de change ont atteint 206,5 millions de dollars EU (soit plus de deux mois d'importations) contre un niveau plancher de 179 millions de dollars EU. Ces résultats témoignent aussi de la fidélité de la BRH dans le respect de ses engagements vis-à-vis de ses principaux partenaires. Cest dans cet esprit que la Banque Centrale a organisé ce séminaire en collaboration avec le CEMLA. Je voudrais donc terminer en remerciant le CEMLA davoir bien voulu se joindre à nous pour réaliser ce séminaire. Je remercie également tous les membres du Comité dorganisation et plus particulièrement M. Philippe Barjon qui a assuré le rôle de Coordonnateur du séminaire. |
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