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Discours du Gouverneur Jean Baden Dubois à l'occasion de l'installation du nouveau Conseil d'Administration de la BRH



Excellence Monsieur Le Premier Ministre
Honorable Président de l’Assemblée Nationale
Messieurs les Honorables Présidents de la Commission des Finances du Sénat de la République et de la Chambre des Députés
Messieurs les Honorables Parlementaires
Monsieur le Ministre de l’Économie et des Finances
Monsieur le Ministre de la Justice
Madame la Presidente de la Cour des Comptes et Du Contentieux Administratif
Mesdames, Messieurs les Membres du Cabinet ministériel
Chers collegues du Conseil d’Administration de la BRH
Mesdames / Messieurs les représentants du système financier
Cadres de la BRH
Distingués invités,
Mesdames, Messieurs,

C’est un grand honneur pour moi d’assumer la présidence du nouveau Conseil d’Administration de la Banque de la République d’Haïti, après ratification du Sénat de la République. Au nom de mes collègues, je remercie le Président de la République son Excellence Monsieur Jocelerme Privert, le Premier Ministre, son excellence Monsieur Enex Jean Charles, le Ministre de l’Economie et des Finances, Yves Bastien ainsi que les honorables sénateurs pour leur confiance en notre intégrité, en nos capacités et en notre détermination à mener à bien la tâche qui nous est confiée pour les trois prochaines années.

Cet honneur nous invite à l’humilité, face à cette mission redoutable, face à cette tâche délicate de gérer les disponibilités monétaires du pays avec le maximum de croissance et le minimum d’inflation, et nous voulons compter sur la collaboration pleine et entière du personnel de la banque centrale, de nos partenaires de la Commission paritaire BRH-APB, des autres institutions financières comme les caisses populaires, de nos clients traditionnels du secteur public et de nos partenaires de la communauté internationale.

Permettez-moi de saluer avec chaleur, les contributions de Mme Yamilée Champagne à la mise en oeuvre de ce que nous avons mis en chantier jusquà ce jour. Je lui souhaite autant sinon davantage de succès dans les entreprises futures auxquelles elle apportera son savoir et son savoir-faire. Je profite egalement de cette occasion pour saluer le retour au Conseil de Fritz Duroseau qui est un ancien de la Banque Centrale. Fritz, bienvenue dans l’equipe.

Mesdames, Messieurs,

Les défis qui nous attendent sont gigantesques. Mettre notre économie sur un chemin de croissance suffisamment robuste, soutenue et inclusive ne sera pas une entreprise facile. Les données récentes nous montrent que l’inflation peut être jugulée mais au prix d’une stagnation économique aussi insupportable que l’instabilité des prix. Autrement dit, le ratio de sacrifice, le coût (en terme de chômage et de misère) d’une baisse du taux d’inflation parait trop élevé pour la société. Entre outre, compliquant singulièrement le dilemme, les chocs et les autres évènements récents, comme les sécheresses, l’érosion, l’émigration de la main-d’oeuvre qualifiée d’Haiti vers le Bresil, le Chili, le Canada, la Republique Dominicaine, etc…, ont amenuisé la capacité de production de l’économie au point où les dépenses totales tendent à affecter davantage les prix que la production.

Mesdames, Messieurs,

Par-delà les controverses théoriques et la tristesse de la réalité, la Banque de la République d’Haïti doit rester fidèle à son mandat d’exécuter une politique monétaire qui maintient le niveau de la production au niveau de la capacité de production, c’est-à-dire, de minimiser le chômage et l’inflation. C’est le cap que le nouveau Conseil d’Administration entend maintenir pour le bien-être de la communauté nationale, en collaboration avec le Ministère de l’Economie et des Finances, dans le cadre d’une coordination constante et active des politiques monétaire et fiscale.

C’est le moment pour nous de saluer les efforts extraordinaires du pouvoir exécutif pour limiter les dépenses de l’Etat dans les limites de ses revenus afin de prévenir tout dérapage fiscal et monétaire préjudiciable à la stabilité et à la croissance saine de l’économie.

Comme je l’ai mentionné il n’y a pas longtemps, ce programme de cash management, est une preuve de retenue financière de l’Etat et reflète un sens profond de responsabilité fiscale appelé à servir de modèle aux futures administrations.

On espère que le secteur privé des affaires recevra le signal comme il convient; par contre, on ne peut que déplorer que la communauté internationale ait choisi de ne pas soutenir financièrement un tel effort économique.

Mesdames, Messieurs,

Cette posture fiscale –qui est l’opposé de la dominance fiscaleautorise la banque centrale à mieux contrôler son bilan monétaire et à gérer les liquidités et notamment le crédit selon les besoins légitimes des agents. Sur ce point, nous devons être clairs : la discipline monétaire que ce Conseil entend suivre n’a rien à voir avec une orthodoxie monétariste aveugle aux imperfections du marché et indifférente aux chocs exogènes imprévus. La banque centrale interviendra dans l’économie autant de fois que c’est nécessaire et aussi longtemps que le niveau de la production totale est en-dessous de la capacité de l’économie, par exemple, pour corriger les failles du marché, pour protéger et stimuler la concurrence, pour augmenter la transparence de tous les segments du marché, pour améliorer l’efficience du système des paiements, etc…conformément avec l’ultime objectif de l’Etat qui est l’amélioration du bien-être collectif.

Dans notre souci de contribuer à la dynamisation de la croissance, à travers le soutien aux secteurs à forte valeur ajoutée, nous avons envisagé et commencé à mettre en oeuvre un ensemble de mesures dont :

  • L’élimination des réserves obligatoires sur tous les prêts accordés au secteur agricole, l’établissement, en partenariat avec d’autres institutions financières, d’une fenêtre de refinancement des comptes à recevoir pour des entreprises tournées vers les exportations en vue de promouvoir les activités de production, la création d’emplois et de favoriser des initiatives visant l’augmentation de l’offre de devises disponibles dans l’économie ;

  • le maintien de la circulaire sur les zones franches visant à réduire les coûts liés aux investissements dans les parcs industriels


Le projet PRONAP, que la BRH a mis à exécution, reflète le genre d’intervention de l’autorité monétaire appelé à moderniser le système de paiements. Il en est de même pour le projet Kay Pa’M qui tient compte des imperfections du marché du crédit immobilier.

La BRH envisage des interventions dans d’autres secteurs, notamment la participation au financement des activités d’exportations ainsi que le financement conditionnel de la formation professionnelle en support au secteur prive productif, selon les besoins légitimes du marché du travail.

Un autre défi qui vient, de faire l’objet d’une rencontre multisectorielle et de débats, et qui prend quasiment la forme d’une menace sans précédent pour notre système bancaire et financier est le de-resking.

Tel que nous l’avions expliqué, ce phénomène est caractérisé par le retrait progressif des banques correspondantes qui cessent les affaires avec les banques locales pour raisons de non conformité du pays par rapport à un ensemble d’exigences liées a la lutte contre le blanchiment et le terrorisme et liées aussi à la taille des transactions. Néanmoins, nous demeurons confiants en la capacité de nos institutions et de nos parlementaires à y remédier dans les meilleurs délai

La nation a besoin d’une économie forte et dynamique, l’économie a besoin d’une monnaie saine et stable et l’Etat a besoin d’une banque centrale alerte et active.

Au nom du Conseil d’Administration, je renouvelle mes remerciements au Chef de l’Etat, au Chef du gouvernement, au ministre de l’Economie et des Finances et aux honorables membres du parlement et leur promets tous nos efforts pour le plein succès de notre mission.

Le pays ne mérite pas moins……Merci.