Évolution macroéconomique à la fin des années 1990

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Le Produit Intérieur Brut (PIB) a connu au cours de l’exercice fiscal 1998 (ou 1998) une croissance estimée à 3,1%, un résultat de niveau comparable à celui obtenu pour 1995 au retour des autorités constitutionnelles (croissance de 4,5%, après une contraction de 8,3% en 1994).

La balance courante s’est détériorée en 1998 du fait de la progression des importations, lesquelles ont représenté 28,6% du PIB. Mais le solde global de la balance des paiements a connu une certaine amélioration, passant de 30,3 millions de dollars EU en 1997 à 34,5 millions en 1998, contre un déficit d’environ 33 millions de dollars EU en 1994.

En raison de l’important afflux de capitaux dans le secteur non bancaire et de la hausse des investissements directs étrangers en 1998 (10,76 millions de dollars EU), le compte des opérations financières a enregistré un solde positif d’un montant de 157,8 millions de dollars EU.

La hausse de ces flux financiers a été à l’origine de l’amélioration du solde global de la balance des paiements, qui a résulté en une accumulation de réserves brutes de change de l’ordre de 29,1 millions de dollars EU.

Les avoirs extérieurs nets du système bancaire ont crû de 12% durant l’exercice 1998. Ils ont enregistré une croissance de 8,5% entre septembre 1998 et mars 1999 contre seulement 5,2% au cours de la même période de l’année fiscale précédente.

La masse monétaire au sens large (M3) a augmenté de 6,8% au cours du premier semestre de l’exercice 1999 grâce essentiellement à l’accroissement des réserves nettes de change.

Le premier semestre 1999 a été aussi caractérisé par un ralentissement du crédit intérieur net dont la croissance n’a pas dépassé les 6%, après avoir été de 11% au cours de la même période de l’année précédente. Cette croissance a surtout été tirée par la progression d’environ 6% du crédit au secteur public, lequel a représenté 38,8% du crédit intérieur en mars 1999, contre 62,3% en 1994.

La dollarisation de l’économie, qui s’était accentuée en 1996, s’est amplifiée au cours des derniers exercices. Mesurée en termes de part relative des dépôts en dollars EU dans le total des dépôts du système, elle a représenté 31,2% en mars 1999 contre 29,3% en septembre 1998 et 24% en septembre 1996. Par rapport à M3, la proportion des dépôts en dollars EU pour les mêmes périodes a été de 25,4% contre 23,8% et 18,7%, respectivement.

Exprimé en termes de part relative des crédits en dollars EU dans le crédit privé total du système bancaire, le processus de dollarisation a été plus prononcé, s’établissant à 33% en mars 1999 contre 29,3% en septembre 1998 et 12,1% en septembre 1996.

La politique monétaire menée par la BRH depuis 1995, d’abord par le truchement des coefficients de réserves obligatoires et des interventions sur le marché des changes, puis, à partir de novembre 1996, par le biais principalement des bons BRH et occasionnellement des interventions sur le marché des changes, a contribué, en contrôlant le niveau de liquidité circulant dans le système, à décélérer le rythme de l’inflation et à stabiliser le taux de change.

Le taux moyen d’inflation qui en 1995 s’élevait à 27,6% est passé à 20,6% en 1996, puis à 16,2% en 1997 et finalement s’est établi à 12,7% en 1998. Il faut se rappeler que le taux moyen d’inflation en 1994 était de 39,3%. Le taux de change gourde/dollar qui était de 16,95 gourdes en septembre 1997 est passé à 16,85 gourdes en septembre 1998, puis à 16,68 gourdes en mars 1999.

Résultats

La hausse de la rémunération servie sur les bons BRH à partir de janvier 1998, laquelle a occasionné des taux d’intérêt réels positifs élevés atteignant jusqu’à 15% sur les bons à 91 jours pendant la deuxième moitié de l’exercice fiscal 1998, a eu des répercussions sur les taux d’intérêt du système. Ceux-ci sont passés en moyenne de 8,5% en 1995 à 14,8% en 1998 sur les dépôts à terme, et de 18,5% à 22,5% sur les prêts.

L’attrait exercé par les bons BRH a provoqué un changement dans la structure d’allocation des ressources des banques. De septembre 1997 à mars 1999, les banques ont affecté 10% de leurs fonds propres à l’achat de bons, dont l’encours a augmenté d’un milliard de gourdes environ. Seulement 42,6% des fonds propres ont servi à financer le crédit bancaire en mars 1999 contre 44,4% en septembre 1997. Le montant global des fonds propres du système a progressé d’environ 4 milliards de gourdes. Parallèlement, le total des obligations à terme, y compris les dépôts, s’est élevé à 5,68 milliards de gourdes en mars 1999 contre 3,7 milliards en septembre 1997.

Les dépôts en gourdes et en dollars ont crû en 1998 de 14% et 25%, respectivement, permettant ainsi à l’ensemble des dépôts du système de croître de 17,7%. L’encours total des dépôts du système s’est élevé à 15,3 milliards de gourdes en septembre 1998, contre 13 milliards en septembre 1997. Ceci a permis aux banques d’octroyer des crédits atteignant 9,1 milliards de gourdes, soit une progression d’environ 16% par rapport à septembre 1997 où l’encours total du crédit bancaire accusait un montant de 7,8 milliards de gourdes.

Pour le premier semestre 1999, une augmentation de 1,1 milliard de gourdes des dépôts bancaires a été observée, alors que les crédits n’ont progressé que d’un demi milliard de gourdes. Sous l’impulsion des crédits en dollars EU, lesquels ont augmenté de 18,9%, le crédit au secteur privé a connu une hausse de 5,6%. Sur l’année fiscale 1998, la croissance d’environ 16% du crédit privé a été imputable au bond extraordinaire de 57% des crédits en dollars.

Malgré la relative accélération de la croissance économique en 1998, la situation de la production s’est dégradée de septembre 1997 à mars 1999. En témoignent le rétrécissement de la part du crédit alloué au secteur secondaire (32,4%, 27,2% et 23,7% à la fin des exercices 1997 et 1998 et en mars 1999, respectivement) et l’expansion de celle accordée au secteur tertiaire (67,11%, 72,4% et 76,2%). La part accordée au seul secteur commercial a été de 50,7% en mars 1999, contre 44,7% en septembre 1998 et 38,6% en septembre 1997.