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L’exercice fiscal 2001-2002 s’était terminé pour la 3ème année consécutive,
par une contraction du PIB et des principales composantes de la demande
globale. Ce contexte avait
aidé la posture monétaire adoptée par la BRH à atteindre une décélération
du taux d’inflation tombant à 10,07 % contre 12,34 % en 2001 en rythme annuel. Toutefois, les incertitudes de la
conjoncture socio-économique et l’accumulation du déficit fiscal
avaient entraîné une dépréciation d’environ 16 % de la gourde
terminant à 29 gourdes pour un (1) dollar E.U. Sur la base de ces constats, les autorités monétaires avaient entamé
l’exercice 2003 avec l’objectif de conduire une politique monétaire
restrictive en anticipant les effets sur le financement de la BRH du
maintien du gel de l’assistance externe.
Elles entendaient dans le même temps surveiller l’impact du relèvement
subséquent des taux d’intérêt sur la santé financière des banques
et sur la qualité de leur portefeuille mesurée par un ratio
d’improductif de 6,5 % à la fin de septembre 2002. Durant l’exercice fiscal
2002-2003, la politique monétaire a été conduite dans un environnement
adverse caractérisé par l’aggravation des anticipations pessimistes
sur le plan économique et financier dans un contexte où la détérioration
des fondamentaux de l’économie induite en grande partie par le déséquilibre
des finances publiques et par la conjoncture socio-politique a été de
nature à réduire la pleine efficacité de l’action de la BRH. En effet, dès le premier
trimestre, des effets d’annonce liés aux rumeurs de conversion forcée
en gourdes des dépôts en dollars dans le système bancaire ont provoqué
une forte volatilité du taux de change qui avait atteint 55 gourdes pour
un dollar É.U en novembre 2002 contre 29 gourdes à la fin de septembre
2002. Au début de l’année
2003, le taux de change, s’étant
de nouveau déprécié, et le choc des prix relatifs, causé par
l’application par le gouvernement d’un mécanisme flexible de fixation
à la pompe des prix des produits pétroliers, ont généré une forte accélération
du taux d’inflation qui est passé en glissement annuel de 10 % en
septembre 2002 à environ 28 % en janvier et à 42,46
% à la fin de septembre 2003. La réponse de la BRH à ces chocs a été, d’une part, d’engager une campagne de communication pour contrer les rumeurs qui alimentaient les incertitudes des agents économiques ; et d’autre part de relever les taux d’intérêt sur les bons BRH[1], en cohérence avec l’objectif initial de resserrement des conditions monétaires eu égard à la nécessité de neutraliser les effets de la rapide progression du déficit du Trésor et à l’opportunité de donner une certaine attractivité à la gourde. Résultats intermédiaires
Le recours du Trésor au
financement de la BRH a induit une expansion de 37,38 % de la base monétaire
par rapport à septembre 2002 contre 17,2 % l’exercice précédent,
suivant une croissance moyenne mensuelle de 2,72 %. La croissance de cette
dernière au cours du second semestre 2003 a été de 18 % dépassant le
premier semestre de 2 points de pourcentage, résultant essentiellement de
la progression d’environ 6 % sur 6 mois du crédit au gouvernement
central. L’évolution de la base monétaire reflète, au passif,
l’augmentation en rythme annuel d’environ 26,9 % de la monnaie en
circulation et de plus de 45 % des réserves des banques incluant un
accroissement de 40,9 % des bons BRH Les dépôts des banques ont
progressé de 48,83 % sur l’exercice contre 13 % en 2002. Cette
croissance provient de l’augmentation de 32 % des dépôts en gourdes et
41,51 % du taux de change, du retour et de
l’accroissement des dépôts en dollars dans le système après
la crise du premier trimestre A l’actif de la base, les
avances au Trésor ont augmenté de 24,31 % entre septembre 2002 et
septembre 2003 pour porter à 18 772, 7 MG[2]
les créances sur l’Administration Centrale, représentant ainsi plus de
76 % des contreparties de la base monétaire.
Les avoirs extérieurs nets de la Banque centrale ont crû de 31,37
% reflétant ainsi ses efforts pour la reconstitution
des réserves nettes de change. La croissance de la monnaie en circulation s’est établie à
26,9 % et celle des dépôts à vue à 24,68 %.
Il en est résulté une progression de 26 % de l’agrégat M1.
La masse monétaire M2 a augmenté de 29,3 %, soit un rythme plus
rapide que M1 en raison de l’accroissement sensible de 32 % de la
quasi-monnaie. Par contre la progression de M3 a été de 39,75% à cause
de la hausse de la valeur en gourde de sa composante dollar.
En effet, la dépréciation de 41,51 % de la gourde en septembre
2003[3]
a fait augmenter de 57,51 % les dépôts en dollars exprimés en gourdes,
alors que non convertis, ces dépôts n’ont augmenté que de 11,31 % . Le crédit au secteur privé a crû de 33,38 % sur un an, tandis que celui accordé au secteur public a crû de 24,3 % . Une grande partie de la hausse du crédit au secteur privé peut être attribuée à sa composante dollar qui, sous l’effet du taux de change, s’est élevée à 43,38 % alors que non convertis, elle n’a progressé que de 3,2 % . Résultats finals
La posture adoptée par la BRH a permis d’obtenir des résultats notables
au deuxième semestre, période au cours de laquelle un programme
financier a été discuté avec le
Fonds Monétaire International et mis en place par les autorités fiscales
et monétaires. Ces résultats portent essentiellement sur la stabilité
du change qui a évolué entre 41,5 et 43,25 gourdes, la décélération
du taux d’inflation en rythme mensuel tombant de 13 % en janvier 2003 à
1,74 % à la fin de l’exercice et le rétablissement de la confiance
dans le système bancaire manifesté par un retour des dépôts en dollar
qui ont totalisé 530 millions au 30 septembre 2003 contre 460 millions un
an auparavant. Orientation à court terme
Vu que les résultats obtenus au cours du semestre avril-septembre 2003 sont
en ligne avec le programme relais suivi par les services du FMI et que les
négociations ont été reprises avec les principaux bailleurs, la BID
notamment, à la suite du paiement des arriérés, la Banque centrale
s’attachera à
conduire une politique monétaire prudente et à jouer sa partition
pour que le respect des critères quantitatifs arrêtés pour le 2ème semestre de ce programme puisse déboucher
sur un programme de réduction de la pauvreté susceptible de contribuer
à relancer l’économie sur la voie de la croissance durable. |
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