accueil / Politique monétaire / Réserves Obligatoires

Réserves obligatoires

Entre 1979 et 1996, les autorités monétaires ont imposé des coefficients de réserves très lourds sur les passifs des banques commerciales afin de contrôler l’offre monétaire. Sur les dépôts à vue, ces coefficients sont passés de 32% en 1979 à 73,5% en 1993. Il s’agissait pour la Banque Centrale de neutraliser l’impact négatif qu’exerçait sur ses réserves de change le surplus de liquidité résultant du financement des déficits accumulés par le secteur public. Ces taux de réserves élevés ont provoqué des écarts importants entre les taux d’intérêt débiteurs et créditeurs. Comme les coefficients étaient différents pour chaque type de dépôts, des changements inattendus dans la composition de la monnaie et de la quasi-monnaie provoquaient des variations significatives dans le multiplicateur monétaire; ce qui a compliqué la conduite de la politique monétaire.

Le 16 mai 1995, les autorités monétaires uniformisaient les taux de réserves obligatoires à 48%. Mais, suite à l’évolution défavorable des indicateurs de finances publiques, ils ont été relevés de cinq points de pourcentage au cours de la même année pour revenir à 48% le 3 juillet 1996. Entre-temps, le 10 juillet 1995, la BRH avait élargi le passif assujetti aux réserves obligatoires en y incluant les engagements des banques envers les agents économiques non bancaires. Puis, en décembre 1996, l’assiette des réserves obligatoires a été à nouveau élargie pour tenir compte des swaps fictifs gourde/dollar réalisés d’un jour à l’autre par les banques. Ces pratiques permettaient à celles-ci de profiter du fait que les comptes libellés en dollars n’étaient pas assujettis à l’obligation de constituer des réserves.

En mars 1997, dans le but de favoriser une meilleure répartition du poids des réserves obligatoires entre le passif gourde et le passif dollar, la BRH enjoignait les banques commerciales de constituer, en gourdes et/ou en dollars, des réserves sur le passif en devises. Initialement, la plupart des banques avaient opté pour des réserves en gourdes. En 1998, les autorités monétaires étendirent l’application des réserves obligatoires aux filiales non bancaires des banques commerciales. L’objectif était de contrecarrer les pratiques des banques de dissimuler des dépôts à travers leurs filiales.