Note sur les agrégats du marché monétaire
Notes de synthèse


Note de synthèse trimestrielle sur la situation monétaire : Janvier-Mars  2005
 

Au cours du deuxième trimestre 2005, le Gouvernement central a enregistré un solde courant négatif de 1092,2 MG sur ses opérations financières contre 7,1 MG au trimestre précédent, consécutivement à une hausse de 34,90 % des dépenses courantes, non compensée par celle de 5,43 % des recettes courantes. Cette situation des finances publiques s’est reflétée sur le financement monétaire du déficit qui s’est établi à 677,1 MG comparativement à un remboursement de 771,8 MG au trimestre passé. Toutefois, la croissance de la masse monétaire demeure relativement stable et l’inflation ainsi que les fluctuations du taux de change restent contenues entre les deux trimestres.    

En effet, le taux moyen d’inflation en rythme annuel s’est inscrit à 18,53 % contre 20,92%  au trimestre précédent. En glissement mensuel, il s’est établi à 0,78 % contre 0,76 % au premier trimestre. Pour le dernier mois du trimestre sous-étude, les taux d ‘inflation mensuel et annuel se sont inscrit à 0,92 % et 17,16 % respectivement, soit  des replis de 30 points de base et de 3,05 points de pourcentage. La moyenne du taux de change moyen mensuel s’est affichée à 37,81 gourdes pour un dollar contre 37,14 gourdes au trimestre antérieur. Ce taux a donc terminé le trimestre à 38,1 gourdes pour un dollar et a consacré une dépréciation de 1,57 % de la monnaie nationale par rapport au dollar ÉU sur trois mois.

Au 31 mars 2005, l’encours de la base monétaire s’est chiffré à 32 659,8 millions de gourdes, soit une hausse trimestrielle de 2,49 % contre 2,85%  au trimestre précédent. L’augmentation de la base monétaire reflète celle des réserves des banques (5,87 % comparativement à une baisse de 2,82 % au trimestre précédent) qui a compensé complètement une baisse de 2,53 % (conte 17,65% précédemment) de la monnaie en circulation. A l’actif, les avoirs extérieurs nets n’ont affiché qu’une croissance trimestrielle de 0,73 % contre 20,62 % au trimestre précédent tandis que les créances nettes sur le gouvernement central ont crû de 2,98 % contre une baisse de 3,59 % au trimestre passé. En glissement annuel, la base monétaire a crû de 11,34% en mars 2005.    

Les autorités monétaires ont continué de garder la posture adoptée depuis le début de l’exercice en laissant les taux d’intérêt directeurs inchangés et à un niveau bas relativement à celui qui était en vigueur pendant tout le premier semestre de l’exercice antérieur. Aussi, les taux d’intérêt nominaux sur les bons BRH sont restés à leur niveau de décembre 2004, soit 3,50 %  5,53 % et 7,65 % respectivement sur les bons de 7, 28 et 91 jours. L’encours des bons BRH a donc accusé une légère baisse trimestrielle de 0,1 %, s’établissant à 554,2 millions de gourdes en mars 2005. Signalons que cet encours est en baisse de 39,5 % par rapport au mois de mars 2004.

La croissance du crédit au secteur privé (22 246 MG en mars 2005) a été de 2,63 % contre 3,15 % au trimestre précédent et est consécutive à l’effet combiné de celle du crédit en gourdes (4,01 %) et du crédit en dollar (1,09 %).  Le crédit au secteur public s’est accru de 579,44 MG, soit une hausse de 2,88 % en comparativement à une baisse de 3,96 % au trimestre écoulé. Relativement au mois de mars 2004, les crédits aux secteurs privé et public ont varié de 7,14 % et –1,93 % respectivement contre 2,42 % et –2,02 % au trimestre antérieur. 

La masse monétaire M1 a varié de 382,78 MG, soit une hausse relative de 2,20% contre 9,07 % au trimestre précédent. Ce ralentissement de la croissance de M1 reflète une baisse de 2,53 % (contre à une hausse de 17,94 % au trimestre antérieur) de la monnaie en circulation comparativement à une hausse de 8,98 % des dépôts à vue. En rythme annuel, l’agrégat M1 est en hausse de 9,90 % contre 8,78 % au trimestre passé.   

L’agrégat monétaire M2 a augmenté de 1 124 MG, soit une hausse de 3,08 % en terme relatif contre 5,53 % au trimestre précédent. Le ralentissement de la croissance de la masse monétaire M2 reflète celui de M1 qui a pu compenser une accélération de 1,01 point de pourcentage de la quasi-monnaie, à 3,88 %. Au 31 mars 2005, cet agrégat est en hausse de 9,37 % par rapport au 31 mars 2004.

La masse monétaire au sens large, M3 a affiché une croissance trimestrielle de 5,34 % contre 5,15 % au trimestre écoulé. La relative stabilité de la croissance de M3 est consécutive au ralentissement de celle de M2 en dépit d’une accélération de 3,94 % de l’accroissement des dépôts en dollar, à 8,88 %. L’accélération de la progression des dépôts en dollars reflète à la fois un effet-volume (6,11 % contre 3,78 % au trimestre antérieur) et un effet-taux de change (2,61 % contre 1,11 % au trimestre passé). En rythme annuel, l’agrégat M3 a progressé de 7,64 % contre 4,34 % trois mois plus tôt.

Appréciée par le rapport des dépôts dollars ÉU/dépôts totaux du système bancaire, la dollarisation de l’économie haïtienne demeure relativement stable, à 47,84 % en mars 2005 contre 47,09 % en janvier dernier.  Le ratio dépôt dollars /M3 a accusé une hausse trimestrielle de 3,36 %, s’inscrivant à 40,26 au 31 mars 2005 tandis que le ratio de couverture du crédit en dollar s’est rétréci de 7,16%, s’affichant à 40,97 %. Par ailleurs, la part du crédit en dollars dans l’ensemble du crédit accordé au secteur privé a diminué de 1,51 %, à 46,63 % et le multiplicateur monétaire s’est accru de 2,78 %, à 1,93.


[1] Elle est lente mais demeure assez significative.

[2] Cette politique vise à maîtriser les coûts de la politique monétaire et à favoriser le relancement de l’activité économique.

[3] 1,11 % contre 3,04 % au trimestre antérieur.


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