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La modération des pressions exercées a ralenti le rythme d’expansion des agrégats monétaires et de crédit au cours du mois d’avril. La gestion fiscale s’est raffermie, en témoigne la stabilisation des avances consenties au gouvernement central. Toutefois, cette tendance ne devrait durer que pour la période électorale, au-delà de laquelle des dépenses importantes devraient être attendues, ce qui pourrait se traduire par une aggravation de la position budgétaire de l’État. Par ailleurs, l’aide externe en appui au budget ne devra pas être débloquée dans un proche horizon, pas même après la teneur des élections, vu le temps que prendra la reconstitution parlementaire. De ce fait, les décideurs monétaires devront garder encore la posture restrictive en vue d’éviter des tensions inflationnistes beaucoup plus fortes, lesquelles s’avéreront néfastes pour la stabilité macroéconomique. La pression observée sur les prix internes s’est atténuée pour le mois d’avril 2000, la variation mensuelle de l’indice des prix à la consommation (IPC) s’élevant à 1 % contre 2,05 % le mois précédent. En glissement annuel, le taux d’inflation a progressé, s’établissant à 12,29 % soit 1,29 point de base de plus que la marge fixée pour cet exercice. Tous les postes de dépenses ont régressé au cours de ce mois, à l’exception des groupes Transport et Autres biens et services, lesquels ont respectivement affiché une croissance de 0,18 % et 0,94 %. Les baisses mensuelles les plus remarquables proviennent des postes Aménagement et entretien du logement, qui est passé de 4,37 % en mars à 1,26 % en avril, Habillement, tissus et chaussures (de 3,43 % à 0,57 %) et Santé (de 3,9 % à 0,9 %). Une légère appréciation de la monnaie nationale s’est produite en avril 2000, le taux de change moyen de la gourde par rapport à la devise américaine ayant enregistré sa seule baisse (-2 %) depuis le début de l’exercice fiscal en cours. Le taux de change gourde/dollar ÉU de fin de période s’est élevé à 19,7265 gourdes contre 19,7373 le mois précédent et 16,9411 en septembre 1999. Mais cette tendance ne devrait pas durer vu l’incertitude de l’environnememt politique et les attentes pessimistes au plan des ressources externes. Le resserrement des conditions monétaires s’est opéré principalement par le biais des bons BRH dont la rémunération est restée élevée. Les liquidités du système bancaire épongées par la Banque centrale ont subi une nette régression ce mois-ci, totalisant 1,483 milliard de gourdes, soit 19,8 % des réserves des banques, contre 29,3 % le mois précédent. L’encours des bons a été réduit de 32, 8 % par rapport au mois précédent et de 47,7 % par rapport à septembre 1999. Les taux sur les bons de toutes les maturités n’ont pas subi de variation au mois d’avril où les adjudications n’ont porté que sur les bons à 91 jours.Quant aux interventions des autorités monétaires sur le marché, les dernières remontent au mois de février 2000; à date, elles totalisent 12,750 millions de dollars ÉU pour l’exercice en cours. Les réserves excédentaires du système bancaire se sont réduites de 86 millions de gourdes par rapport au mois antérieur. Le rythme d’évolution des agrégats monétaires et de crédit s’est modéré pour le mois d’avril. La croissance du crédit au secteur public s’est stabilisée à 1,3 %; alors que celle du crédit au secteur privé s’est légèrement repliée à 2,1 % contre 2,7 % le mois dernier. Les composantes gourdes et dollars ÉU du crédit au secteur privé ont respectivement augmenté pour ce mois de 2,7 % et 1,1 %. Comparativement au mois de septembre 1999, les agrégats de crédit ont progressé dans une marge de 13 % à 16 %; en glissement annuel cette marge est de 18,5 % et 33,7 %.
L’agrégat M2 L’agrégat monétaire au sens le plus large, M3, La tendance à la hausse de la base monétaire observée au mois de mars 2000 s’est renversée ce mois-ci avec 0,2 % de régression. Cependant, des variations à la hausse de 2,7 % et de 11,3 % ont été constatées sur les périodes de décembre 1999 à avril 2000 et de septembre 1999 à avril 2000, respectivement. En glissement annuel, l’expansion de la monnaie de base s’est établie à 21,6 %. À l’actif de celle-ci, les avoirs extérieurs nets ont décru de 11,6 %, tandis que les créances nettes sur le gouvernement central ont crû de 1 %. Au passif, la hausse de 2,4 % de la monnaie en circulation a pu compenser la légère baisse de 0,4 % des réserves des banques. La dollarisation de l’économie a modéré son rythme d’expansion. La part des dépôts en dollars ÉU dans les dépôts totaux ayant à peine augmenté de 1,9 % au mois d’avril 2000 pour se fixer à 36,5 %. En proportion de la masse monétaire M3, les dollars ÉU ont progressé de 1,5 %, passant de 29,3 % le mois précédent à 29,8 % ce mois-ci. En termes de crédit, la dollarisation s’est tempérée, la part du crédit en devise américaine ayant baissé de 1 % dans le crédit total. Cette part a augmenté de 16,5 % comparé au mois d’avril de l’année dernière. Le ratio de couverture du crédit en devises par les dépôts en devises a enregistré une baisse moins importante que celle du mois antérieur, soit 1,3 %. Cette baisse signifie que les banques continuent à appliquer les règlements fixés par les autorités règlementaires en matière de risque de change. Veuillez consulter les graphiques et les Tableaux portés en annexe (certaines statistiques sont provisoires et, par conséquent, sujettes à révision dans des publications futures). |
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