La fin du premier trimestre de lexercice fiscal 2000 a mis en lumière le maintien de la propension à la hausse des prix intérieurs malgré les interventions des autorités monétaires. Une telle situation suggère la nécessité dun contrôle accru de lévolution budgétaire en vue du renforcement de lefficacité de la politique monétaire. Le glissement annuel de linflation a, pour le mois de décembre 1999, très légèrement décru par rapport à septembre 1999 (9,67 % contre 9,92 %). Il a à peine varié par rapport à son niveau de novembre 1999 (9,66 %). La variation mensuelle de linflation en décembre a par contre atteint 0,93 %, soit une croissance de 106,7 % par rapport à ce quelle était en novembre (0,45 %). Le rythme de la dépréciation de la gourde sest un peu modéré. Le taux de change moyen gourde/dollar ÉU est passé dune variation mensuelle de 2,5 % en novembre 1999 à 2,24 % ce mois-ci, atteignant 17,9654 gourdes à la fin du mois. Cependant, par rapport au début du premier trimestre de lexercice, la dépréciation de la gourde évaluée en glissement annuel a été nettement plus marquée, soit 6,1 % en novembre et 7,1 % en décembre. Malgré les entrées de devises provenant du tourisme et des travailleurs émigrés, la monnaie nationale a continué à perdre de sa valeur par rapport à la devise américaine de manière soutenue. Un élément dexplication serait, dune part, la progression significative du financement monétaire du déficit du secteur public et, dautre part, les anticipations pessimistes liées à la conjoncture politique. En décembre, la Banque centrale a renforcé sa politique restrictive en augmentant le taux servi sur les bons BRH à 91 jours. Ce taux, qui a dépassé les 21 %, sest révélé relativement attrayant pour les institutions bancaires. Sur un total de 2 335 millions de gourdes dencours, 2 305 millions ont porté sur la maturité de 91 jours. Les taux pratiqués sur les maturités de 7 et 28 jours nont pas varié en décembre. Du début à la fin du premier trimestre de lexercice, lencours des bons BRH a diminué denviron 25 % (7,2 % pour le mois de décembre). Aucune nouvelle modification des coefficients de réserves obligatoires nest intervenue au cours du mois. De même, à part le mois doctobre 1999 où 1,25 million de dollars ÉU avaient été vendus par la BRH, aucune autre intervention na été opérée sur le marché des changes pendant le premier trimestre. Toutefois, leffet de lajustement à la hausse des coefficients de réserves obligatoires sur les passifs en dollars, en application depuis le mois de novembre 1999 (de 12,5 % à 15 % pour les banques commerciales et de 12 % à 14,5 % pour les BELs), sest produit sur les crédits en dollars dont lattrait sest affaibli du fait de limpact conjugué de linstabilité du taux de change et du niveau de réserves obligatoires à constituer. Ainsi, cette mesure, jointe à la nouvelle hausse du taux des bons à 91 jours (de 17,8 % à 21,1 %) sest traduite par une réduction de 51 % des liquidités excédentaires du système bancaire, lesquelles sont passées de 144 millions de gourdes en novembre à 70,3 millions en décembre 1999. Le rythme dexpansion des agrégats monétaires sest accéléré au cours du mois de décembre où les tensions inflationnistes se sont accentuées, alors que les agrégats de crédit ont évolué à la baisse suite aux dernières dispositions prises par les autorités monétaires. Le crédit au secteur privé a chuté de 0,7 % sur le mois, mais a augmenté de 4,9 % sur le trimestre; le crédit au secteur public a crû modérément de 0,4 % en décembre 1999 contre 8,6 % pour le trimestre.
La dollarisation a ralenti son rythme dexpansion sur le mois de décembre 1999; mais elle la maintenu sur le trimestre, sauf pour le crédit. En termes de part des dépôts en dollars dans le total des dépôts, le phénomène a affiché une croissance de 3,3 % pour le mois de décembre contre 7,4 % pour le premier trimestre. Par rapport à la masse monétaire au sens le plus large (M3), les dépôts en dollars ont subi une contraction de 0,5 % en décembre, ayant représenté 26,9 % de M3 contre 27 % en novembre. Ces dépôts ont crû de 4,1 % entre septembre et décembre 1999. Les crédits en dollars ont représenté 37,4 % des crédits totaux en décembre contre 38,8 % en novembre et 38,4 % en septembre 1999, soit des régressions respectives de 3,6 % et de 2,6 %. Veuillez consulter les Tableaux et graphes portés en annexe (certaines statistiques sont provisoires et, par conséquent, sujettes à révision dans des publications futures). Tableau 1. Évolution des agrégats monétairesTableau 2. Indices de dollarisation Tableau 3. Évolution des agrégats de crédit Tableau 4. Situation de l'inflation et du taux de change MAE, 24 mars 2000. |
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