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Un certain assouplissement s’est opéré dans l’expansion des agrégats monétaires et de crédit au cours du mois de février 2000. Malgré la réduction du crédit au secteur public, le taux d’inflation et le taux de change ont continué à croître. Le climat politique caractérisé par l’incertitude autour de la tenue des élections législatives de mars 2000 a sans doute contribué au maintien de cette tendance. Un tel environnement n’est pas propice à l’efficacité de la politique monétaire; toutefois, celle-ci devrait être resserrée afin d’éviter des hausses trop marquantes des variables monétaires. Le taux d’inflation a légèrement augmenté au cours du mois de février, passant de 1,1 % en janvier à 1,13 %; il était de 0,76 % en septembre 1999. En glissement annuel, il s’est élevé à 10,45 % en février 2000 contre 7,93 % un an auparavant. La hausse générale et continue des prix tend ainsi rapidement vers la borne supérieure de la marge d’évolution de 9 % à 11 % fixée par le programme financier, rendant plus difficile l’atteinte de l’objectif de stabilité des prix des autorités monétaires. Le taux de change moyen de la gourde par rapport à la monnaie américaine a diminué au cours du mois. Le taux de change de fin de période s’est inscrit pour ce mois à 18,9944 gourdes contre 18,5376 en janvier et 16,9016 en septembre 1999. La vente par la Banque centrale de 12,75 millions de dollars au cours des cinq premiers mois de l’exercice fiscal a aidé à contenir le taux de change en-dessous de la barre de 19 gourdes. Le taux moyen de fin de période s’est élevé à 18,9944 gourdes en février contre 18,5376 gourdes en janvier 2000. La monnaie haïtienne s’est dépréciée de 12,4 % par rapport au début de l’exercice fiscal et de 13 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les bons BRH ont été pour le mois de février l’instrument principal de resserrement des conditions monétaires. L’encours de ces titres, dont 90 % portent sur la maturité la plus longue (91 jours), a atteint 2,07 milliards de gourdes. La dernière séance d’adjudication du mois a totalisé 670 millions de gourdes. La part des bons dans les réserves des banques est passée de 30,8 % en janvier à 28,1 % en février. Une baisse de 33,4 % de l’encours des bons pour le mois a été observée par rapport à septembre 1999 et de 9,5 % par rapport à janvier 2000. De décembre 1999 à février 2000, les taux d’intérêt sur les bons sont restés inchangés. Une certaine modération a été constatée au mois de février 2000 dans le rythme d’expansion des agrégats monétaires et de crédit. Le crédit au secteur privé a augmenté de 2,2 %. Cette croissance est due à l’augmentation de 6,4 % du crédit en dollars ÉU, le crédit en gourdes ayant baissé de 0,3 %. En glissement annuel, le crédit total au secteur privé a crû de 14,4 %; ses composantes gourde et dollar ont évolué dans le même sens (2,6 % et 39,5 %, respectivement). Le crédit au secteur public a chuté de 0,3 % sur le mois mais a progressé par rapport à septembre et à février 1999 de 10,4 % et de 37,3 %, respectivement.
La dollarisation de l’économie s’est accélérée au mois de février 2000. La part des dépôts en dollars ÉU dans les dépôts totaux est passée de 33,8 % le mois précédent à 35 % ce mois-ci. La part de ces dépôts dans l’agrégat M3 est passée de 27,6 % à 28,8 %, contre 25,8 % en septembre 1999. De même, la part du crédit en devise américaine dans le crédit total est passée de 37,5 % en janvier à 39 % en février. Veuillez consulter les Graphiques et Tableaux portés en annexe (certaines statistiques sont provisoires et, par conséquent, sujettes à révision dans des publications futures).
Direction de la Monnaie et de l’Analyse Économique |
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