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Le ralentissement de croissance des agrégats monétaires et de crédit au cours du mois de janvier 2000 n’a pas contribué à réduire les pressions inflationnistes affectant l’économie haïtienne. L’incertitude créée par le report des élections de mars et l’augmentation du déficit budgétaire ont eu un impact négatif sur l’évolution des prix des biens et services et ont contribué en particulier à alimenter la volatilité du taux de change. Dans un tel contexte, l’impact des mesures de resserrement monétaire pourrait avoir du mal à se faire sentir. Il en ressort qu’un moyen efficace d’éviter une trop forte hausse des prix serait que les instances impliquées dans la politique économique s’assurent d’une coordination étroite des politiques monétaire et budgétaire. L’inflation mesurée par la variation de l’indice des prix à la consommation a été de 1,1 % pour le seul mois de janvier contre 0,76 % et 0,93 % pour les mois de septembre et décembre 1999, respectivement. Si la tendance observée au cours de ce mois devait se maintenir, l’inflation dépasserait largement la borne supérieure de la marge projetée pour cet exercice dans le programme financier (9 % - 11 %). En glissement annuel, l’inflation s’est établi à 10,02 % en janvier 2000 contre 7,38 % en janvier 1999. La monnaie haïtienne a continué à se déprécier, avec une variation du taux de change moyen de la gourde par rapport à la devise américaine de 3,3 % pour le mois de janvier, contre 2,2 % le mois précédent. Le taux de change gourde/dollar ÉU, qui s’était élevé à 16,9016 en septembre 1999, est passé à 17,9375 en décembre puis à 18,5376 ce mois-ci. La dépréciation de la gourde est de l’ordre de 9,7 % par rapport au début de l’exercice fiscal, et de 10,7 % par rapport à la même période de l’année précédente.Les réserves excédentaires de janvier 2000 du système bancaire ont représenté plus de deux fois celles du mois précédent, totalisant 186 millions de gourdes (MG) contre 70 millions en décembre. Les autorités monétaires ont ce mois-ci utilisé les bons BRH et les interventions sur le marché des changes pour absorber cet excédent du système bancaire. Avec la dernière émission de 410 MG au cours du mois de janvier, l’encours des bons, dont 86 % ont une maturité de 91 jours, a atteint 2,284 milliards de gourdes, soit 30,8 % des réserves des institutions financières. De septembre 1999 à janvier 2000, l’encours des bons BRH a régressé de 26,4 %. Sur le mois, cette baisse n’est que de 2,2 %. Parallèlement, au cours de la deuxième quinzaine de janvier, un montant total de 10,5 millions de dollars ÉU a été vendu sur le marché des changes à un taux de 19,0554 gourdes en moyenne, permettant la stérilisation d’environ 200 MG. Contrairement aux agrégats monétaires, ceux du crédit ont connu un rythme de croissance accéléré pour le mois de janvier 2000. Le crédit au secteur privé s’est accru en glissement annuel de 13,5 %. Cette augmentation est attribuable à une croissance du crédit en dollars de 34,6 %, le crédit en gourdes n’ayant augmenté que de 3,7 %. Le crédit total au secteur privé a affiché une croissance de 3,6 % sur le mois, en liaison avec la hausse de ses composantes gourdes (3,4 %) et dollars (3,9 %). Le crédit au secteur public a augmenté sur une base mensuelle d’environ 2 % et de 10,8 % par rapport à septembre 1999. En glissement annuel, sa croissance a atteint 35,2 %.
Malgré la croissance de 6,9 % des dépôts à
vue, l’agrégat monétaire M1 a subi en janvier une chute d’environ
2 % en raison du repli de la monnaie en circulation. En glissement
annuel, cet agrégat a connu une forte augmentation de 23,5 %
contre environ 3 % au même mois de l’année précédente. Une
hausse de 10,8 % a été constatée en janvier 2000 par rapport à
septembre 1999. L’agrégat M2 La monnaie au sens le plus large, l’agrégat M3,
a affiché une croissance de 1,5 %, tributaire de l’augmentation
de 4,1 % des dépôts en dollars ÉU pour le mois de janvier. Pour l’année
passée, cette croissance a été de 11,1 %; une telle augmentation est
identique à celle enregistrée de septembre 1999 à janvier 2000. Une croissance encore plus légère de 0,3 % de la base monétaire a été enregistrée au cours de ce mois. Par rapport à septembre 1999, cet agrégat a augmenté de 8,7 %, et de 25,2 % en glissement annuel. Une progression de 5,1 % des réserves des banques, accompagnée d’une compression de la monnaie en circulation de l’ordre de 8 %, a été observée au passif de la base monétaire. Parallèlement, une modeste régression de 0,3 % des avoirs extérieurs nets et une croissance d’environ 2 % des créances nettes sur le gouvernement central ont été constatées à l’actif de la base. La dollarisation de l’économie, mesurée par le ratio des dépôts libellés en dollars ÉU sur l’ensemble des dépôts du système bancaire, a continué à croître en janvier, mais de manière très modérée. Ce ratio a été de l’ordre de 33,8 % en janvier contre 33,74 % en décembre et 31,51 % en septembre 1999. Par rapport à la masse monétaire M3, les dépôts en dollars ÉU du mois de janvier ont représenté 27,6 % contre 26,9 % le mois précédent et 25,8 % en septembre. Veuillez consulter les Graphiques et Tableaux portés en annexe (certaines statistiques sont provisoires et, par conséquent, sujettes à révision dans des publications futures).
Direction de la Monnaie et de l’Analyse Économique |
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