Note mensuelle sur la situation monétaire
Janvier 2004
Notes de synthèse


L’activité économique au cours du mois de janvier 2004 a été marquée par une progression modérée des agrégats monétaires et de crédit. Le financement monétaire, résultant d’un important déséquilibre budgétaire creusé par les dépenses liées à la commémoration du bicentenaire de l’indépendance, a sensiblement diminué. L’augmentation des prix a donc rythmé avec l’évolution des conditions monétaires, ce qui a contribué à contenir relativement les anticipations d’inflation.

L’indice des prix à la consommation s’est chiffré à 291,02. L’inflation, mesurée par la croissance de cet indicateur, est passée de 1,52 % en décembre 2003 à  1,23 % en janvier 2004 traduisant un certain ralentissement du rythme de progression des prix. En glissement annuel, la variation en pourcentage des prix a reculé de quinze points de pourcentage environ pour s’établir à     25,84 % en janvier 2004 à la faveur du fléchissement du prix du transport accompagné de celui du loyer du logement, énergie et eau.

La gourde a maintenu sa tendance à la dépréciation. Le taux de change moyen mensuel (gourde/dollar ÉU) est passé de 42,93 gourdes en décembre 2003 à 43,44 gourdes en janvier 2004. Cette dépréciation s’est accentuée en rythme annuel (10,18 %) puisque le taux de change moyen du mois de janvier 2003 a été de 39,43 gourdes.

La base monétaire s’est établie à 29 225,6 MG, soit une expansion de 1,19 % par rapport au mois antérieur. Cette hausse a résulté de l’effet conjugué de l’accroissement de 4,88 % des réserves des banques et de la contraction de -7,01 % de la monnaie en circulation. À l’actif, les avoirs extérieurs nets convertis en gourdes ainsi que les créances nettes sur le gouvernement central se sont accrus de 1,82 % et 2,03 %, respectivement. En glissement annuel, la progression de la base monétaire s’est repliée, passant de 39,37 % en décembre 2003 à 36,77 % en janvier 2004.

Les autorités monétaires ont encore fait usage des bons BRH comme instrument de reprise de liquidités émanant du système bancaire à court terme. Les taux d’intérêt rémunérateurs appliqués sur les bons à échéance de 7, 28 et 91 jours ont été maintenus constants à  22,0 %, 24,0 % et 26,0 %, respectivement. Parallèlement, l’encours des bons BRH s’est chiffré à 5 402,0 MG, soit une expansion de 8,13 %. En rythme annuel, l’encours des bons BRH s’est amélioré de 111,10 % dépassant de seize points de pourcentage environ le niveau de 94,93 % affiché en décembre 2003.

Le crédit octroyé au secteur privé par les banques commerciales a totalisé 21 809,3 MG environ. Cet agrégat a enregistré un taux de croissance positif de 3,06 %. La composante du crédit libellée en gourdes s’est contractée de -1,85 %. Le crédit en dollars ÉU, incluant l’effet taux de change, a mensuellement augmenté de 8,34 %. Toutefois, le portefeuille du crédit en dollars ÉU s’est établi à 250,4 millions de dollars, soit une croissance de 3,43 %. Parallèlement, le crédit accordé au secteur public s’est inscrit à 20 477,9 MG et s’est élargi de 1,81 %. En glissement annuel, le crédit aux secteurs privé et public ont crû de 21,96 % et 23,17 % en janvier 2004, contre les niveaux de 22,58 % et 22,86 % affichés en décembre 2003, respectivement.

L’agrégat monétaire M1, dont les composantes sont la monnaie en circulation et les dépôts à vue du système libellés en gourdes, a atteint 15 944,7 MG, soit une contraction de -0,09 % par rapport au mois précédent. Cette baisse est attribuable au recul de -7,01 % de la monnaie en circulation étant donné la hausse de 11,05 % des dépôts à vue du système. En rythme annuel, le rythme de croissance de l’agrégat monétaire M1 s’est replié, passant de 22,15 % en décembre 2003 à 21,91 % en janvier 2004.

L’agrégat monétaire M2,  regroupant M1 et la quasi-monnaie, s’est accru de 1,13 %, passant de 33 215,6 MG en décembre 2003 à 33 591,0 MG en janvier 2004. L’expansion de cet agrégat a reflété le recul de M1 et la hausse de 2,26 % de la quasi-monnaie. Les dépôts d’épargne et à terme ont augmenté de 3,04 % et 1,13 %, respectivement. En glissement annuel, la progression de l’agrégat monétaire M2 a affiché un léger recul, passant de 26,82 % en décembre 2003 à      26,02 % en janvier 2004.

L’agrégat monétaire M3, incluant M2 et les dépôts en dollars ÉU convertis en gourdes, a atteint 59 106,7 MG, soit une croissance mensuelle de 3,35 % alimentée par la progression de M2 et de celle de 6,31 % des dépôts en dollars convertis en gourdes. Toutefois, ces derniers ont totalisé 578,8 millions de dollars ÉU environ, soit une hausse de 1,48 % par rapport au mois précédent. Les dépôts à vue, d’épargne et à terme incluant l’effet taux de change ont augmenté de 3,72 %,   6,30 % et 8,28 %, respectivement. En glissement annuel, l’agrégat monétaire M3 s’est accru de 36,90 % en janvier 2004 après avoir augmenté de 39,82 % en décembre 2003.

La dollarisation de l’économie haïtienne, mesurée par le ratio des dépôts en dollars ÉU dans l’ensemble des dépôts du système bancaire, s’est maintenue. Ce ratio s’est accru, passant de 50,66 % en décembre 2003 à 51,08 % en janvier 2004. La part des dépôts en dollars ÉU dans l’agrégat M3 a augmenté, passant de 41,95 % à 43,17 %. La part du crédit en dollars ÉU dans le crédit total a haussé, passant de 48,14 % à 50,61 %. De même le ratio de couverture du crédit en dollars ÉU, défini comme le rapport du montant du crédit en dollars ÉU aux dépôts en dollars ÉU, a augmenté, passant de 42,45 % à 43,26 %.

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