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Le mois
de juillet 2002 a été marqué par des pressions inflationnistes et une dépréciation
relativement importante de la monnaie locale observée en rythme annuel.
Ce comportement des prix des biens et services résulte des anticipations
pessimistes des opérateurs économiques et de la progression des agrégats
monétaires et de crédit liée à l’expansion du déficit budgétaire. Le rythme de croissance
des prix intérieurs, aussi bien en glissement mensuel qu’annuel,
s’est accéléré en juillet 2002. L’indice général des prix à la
consommation s’est établi à 188,76 dépassant de 0,91 % le niveau
atteint le mois précédent. De même, l’inflation annuelle captée par la
variation de cet indice s’est inscrite à 8,91 % contre 8,41 % en juin. L’incertitude
et le pessimisme des agents économiques ont contribué à accentuer la
tendance à la dépréciation de la gourde. Le taux de change moyen à
l’achat s’est élevé à 27,9664 gourdes pour un dollar ÉU en juillet
contre 27,0976 gourdes en juin. En rythme annuel, la dépréciation de la
monnaie locale s’est établie à 16,09 % puisque le taux de change moyen
à l’achat de juillet 2001 était de 24,0899 gourdes pour un dollar EU. La
base monétaire a affiché une expansion de 3,28 %, un taux supérieur
à celui enregistré le mois précédent (0,57 %). Cette croissance est
attribuable à la progression de la monnaie en circulation et des réserves
des banques, soit 4,80 % et 2,42 %, respectivement. Néanmoins,
l’encours des bons BRH a reculé de 2,47 %. Les avoirs extérieurs nets
ont décru de 0,25 %, alors que les créances nettes sur le gouvernement
central se sont accrues de 4,68 %. En rythme annuel, la croissance de la
base monétaire a atteint 15,57 %. Les taux
d’intérêt nominaux servis sur les bons BRH à maturité de 7 jours
sont de 5,91 % et ceux de 91 jours sont de 10,0 %.
En conséquence, l’encours des bons de 7 jours a régressé
de 2,47 % tandis que l’absorption de liquidités par la BRH à partir
des bons de 91 jours s’est améliorée de 0,14 %. Toutefois en
glissement annuel, il est à noter un accroissement de 13,46 % de
l’encours des bons passant de 2,64 milliards de gourdes en juillet 2001
à un plafond de 3,0 milliards de gourdes en juillet 2002. La
progression du crédit octroyé au secteur privé s’est inscrite à 1,98
%. Cette croissance est attribuable à l’essor de 4,06 % du crédit
libellé en dollars américains; le crédit en gourdes ayant affiché un
faible taux de croissance de 0,43 %. La croissance du crédit au secteur
public s’est accélérée de 5,02 % en dégageant un flux de 0,7
milliard de gourdes environ. En glissement annuel, les opérations de crédit
au secteur privé ont augmenté de 11,86 %, le crédit au secteur public a
connu une hausse de 21,35 %. L’agrégat
monétaire M1 se chiffre à 10,64 milliards de gourdes avec un
accroissement de 2,23 %. Cet agrégat s’est amplifié sous l’effet de
la hausse de la monnaie fiduciaire étant donné le repli de 1,54 % des dépôts
à vue. En rythme annuel, l’augmentation de la demande d’encaisses de
transaction s’est établie à 18,50 %. L’agrégat
monétaire M2, incluant M1 et la quasi-monnaie, a augmenté de 1,57 %, passant de 21,93 milliards de gourdes en
juin à 22,27 milliards en juillet. Cette expansion de M2 est due à
l’effet de la progression de M1 et de l’essor de 0,97 % de la
quasi-monnaie. Dans le même temps, les composantes de la quasi-monnaie :
les dépôts d’épargne et les dépôts à terme se sont accrus
respectivement de 1,24 % et 0,53 %. En glissement annuel, l’agrégat monétaire
M2 a augmenté de 7,78 %. L’agrégat
monétaire M3, a connu une croissance de 2,79 %, passant de 34,39
milliards de gourdes en juin à 35,35 milliards en juillet. Cette
progression tient à l’effet de l’augmentation de 4,93 % des dépôts
en dollars ÉU. L’accroissement de M3 s’explique par la hausse de M2
et de celle des dépôts en dollars ÉU du système. Parallèlement, les dépôts
à vue, les dépôts d’épargne et les dépôts à terme en dollars ÉU
se sont accrus de 11,22 %, 0,72 % et 4,33 %, respectivement. En rythme
annuel, l’agrégat monétaire M3 s’est amplifié de 14,54 %. La
dollarisation de l’économie haïtienne s’est maintenue. La
part des dépôts en dollars ÉU dans les dépôts totaux a augmenté,
passant de 44,18 % en juin à 45,29 % en juillet. De même, le ratio des dépôts
en dollars ÉU par rapport à l’agrégat M3 a crû, passant de 36,22 %
en juin à 36,98 % en juillet. La part du crédit en dollars ÉU dans le
crédit total s’est amplifiée, passant de 42,75 % en juin à 43,62 % en
juillet. Par contre, le ratio de couverture du crédit en dollars ÉU, défini
comme le rapport du montant du crédit en dollars ÉU aux dépôts en
dollars ÉU, a diminué, passant de 46,65 % à 46,26 %. Ce rapport
continue à s’éloigner du ratio maximum légal de 50 % que les établissements
bancaires sont tenus de respecter conformément à la circulaire no 97 de
la BRH. |
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