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Au mois de mai 2000, les pressions exercées sur les prix se sont calmées, de même que le rythme de croissance des agrégats monétaires et de crédit. Ces résultats émanent d’une certaine stabilisation de la croissance du crédit de la Banque centrale au gouvernement central. Les perspectives politiques ne permettent pas de prévoir une modification de la situation jusqu’au dénouement de la crise électorale. Ainsi, les dépenses supplémentaires liées à la mise en place du nouveau Parlement ne devraient pas se réaliser tout de suite, ce qui ne devrait pas altérer dans l’immédiat la position budgétaire de l’État. Il faudra compter avec un allongement de la période durant laquelle les ressources externes ne seront pas débloquées, celles-ci étant conditionnelles à une revue de la méthode de comptage des résultats électoraux. Il est donc à prévoir, d’ici la fin de l’exercice, de plus fréquentes requêtes de l’État auprès de la Banque centrale pour financer ses dépenses. De ce fait, les autorités monétaires devront resserrer davantage leur posture en vue de ne pas contribuer à une poussée inflationniste inévitable, si aucune issue n’est trouvée au blocage politique. La modération des pressions observées sur les prix internes s’est poursuivie au cours du mois de mai 2000. La croissance mensuelle de l’indice des prix à la consommation s’est établie à 0,54 % contre 1 % en avril. Le taux d’inflation s’est inscrit à 11,88 % en glissement annuel, s’approchant ainsi de la borne supérieure de la marge (9 % - 11 %) fixée pour l’exercice 2000 dans le programme financier. La croissance de la majorité des groupes de dépenses a subi une chute durant le mois de mai, à l’exception des postes Habillement, tissus et chaussures, qui est passé de 0,57 % à 2,09 %, Loisirs, spectacles, enseignement et culture, qui est passé d’une régression de 0,01 % à une hausse de 0,02 %, et Autres biens et services dont la croissance a plus que doublé, passant de 0,94 % à 2,05 %. Le taux de change de fin de période gourde/dollar ÉU est passé de 19,7265 gourdes le mois antérieur à 19,6744 ce mois-ci. Aucune amélioration ne devrait être attendue, vu le prolongement de l’incertitude politique qui s’est créée depuis le début de l’exercice fiscal, et les perspectives pessimistes de matérialisation de l’aide externe. L’orientation de la politique monétaire s’est maintenue, caractérisée par une contraction des conditions monétaires à travers l’augmentation de la rémunération servie sur les bons BRH. Les liquidités du système bancaire ainsi stérilisées par la Banque centrale ont totalisé 1,786 milliard de gourdes, représentant 24,3 % des réserves bancaires pour le mois de mai 2000 contre 24,7 % au mois d’avril 2000, soit une régression de 3,4 % de l’encours des bons. Par rapport au mois de septembre 1999, une réduction de 42,5 % de l’encours a été enregistréee. Aucune modification de taux n’a été constatée pour la fin du mois de mai, où les bons à 7 et 91 jours, qui ont été les seuls à être émis, ont reçu une rémunération de 12 % et de 23,3 %, respectivement (la dernière émission de bons à 28 jours a eu lieu en mars 2000). Une augmentation de 75 millions de gourdes des réserves excédentaires du système bancaire a été notée pour le mois de mai 2000 par rapport au mois précédent. Sur le marché des changes, aucune intervention nette des autorités monétaires n’a été opérée depuis le mois de février 2000. À date pour l’exercice en cours, 16,75 millions de dollars ÉU ont été vendus. Les agrégats monétaires et de crédit ont poursuivi leur mouvement de décroissance au cours du mois de mai. Le crédit au secteur public a légèrement accru de 1,5 % contre 1,3 % le mois précédent. La croissance du crédit au secteur privé a chuté, passant de 2,1 % à 0,5 % ce mois-ci. Les composantes gourdes et dollars ÉU du crédit au secteur privé ont enregistré pour le mois des baisses respectives de 0,8 % et 0,1 %. Sur les huit mois à compter d’octobre, il a été noté un écart d’un point de pourcentage entre la progression du crédit au secteur privé et celle du crédit au secteur public (15 % et 16 %); en glissement annuel, la variation de l’un représente le double de celle de l’autre : 16,8 % et 33,6 %, respectivement.
L’agrégat M1 L’agrégat M2 L’agrégat monétaire au sens le plus large, M3, Le renversement de tendance observée en avril dans la base monétaire a continué en mai (-2,4 % de croissance). Toutefois, il a été remarqué en mai 2000 une légère augmentation de la base par rapport à décembre 1999, et une hausse plus substantielle de 8,6 % par rapport à septembre 1999. En glissement annuel, une augmentation d’environ 15 % de la monnaie banque centrale a été notée. À l’actif de la base, les avoirs extérieurs nets ont régressé de 5,4 %, alors que les créances nettes du gouvernement central ont modérément progressé de 0,6 %. Au passif, la réduction de 1,5 % de la monnaie en circulation a été s’ajouter à celle d’environ 2 % des réserves des banques. La dollarisation de l’économie a légèrement accéléré son rythme de progression. En proportion des dépôts totaux, les dépôts en dollars ÉU ont augmenté de 1,4 % en mai 2000 avec environ 40 % de part. Les dépôts en dollars ÉU ont enregistré pour le mois une hausse de 1,9 % par rapport à la masse monétaire M3, atteignant 30,4 % de part. La dollarisation a aussi augmenté son rythme en termes de crédit. La part du crédit en dollar dans le crédit total a crû de 0,8 % en mai. Par rapport à la même période de l’année précédente, cette proportion s’est accrue de 17,5 %. Le ratio de couverture du crédit en devises par les dépôts en devises a poursuivi sa tendance à la baisse déclenchée depuis le début de l’exercice, sauf un léger virage en février, avec une baisse d’environ 3 % en mai. Veuillez consulter les graphiques et les Tableaux portés en annexe (certaines statistiques sont provisoires et, par conséquent, sujettes à révision dans des publications futures). |
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