Note mensuelle sur la situation monétaire
Mai 2005
Notes de synthèse


Au cours du mois de mai 2005, le solde courant dégagé sur les opérations financières de l’Etat s’est inscrit à –163,5 MG, en raison d’une hausse de 17 % des dépenses courantes, tandis que les recettes courantes se sont contractées de 24 %. Toutefois, cette situation enregistrée au niveau des finances publiques n’a eu aucune conséquence particulière sur la situation monétaire, la masse monétaire au sens large étant en régression par rapport au mois précédent. La contraction de la masse monétaire est peut être l’une des causes du ralentissement de l’inflation mensuelle, parallèlement à une relative stabilisation du taux de change.

L’IPC[1] a crû de 1,80 % par  rapport au mois d’avril, s’inscrivant à 112,31. En glissement annuel, le taux d’inflation s’est établi à 13,44 % contre 13,73 % un mois plus tôt. Le taux de change moyen mensuel est passé de 38,62 gourdes pour 1 dollar ÉU au mois d’avril à 38,66, soit une stabilisation de la situation de la monnaie nationale face au dollar américain.

La variation de la base monétaire s’est établie à –388,40 MG, soit une baisse relative de 1,18%, comparativement à une hausse de 0,44 % en avril dernier. Cette contraction de la base monétaire est consécutive à celle des réserves des banques (-0,93 %) et de la monnaie en circulation (-1,57%). A l’actif, les avoirs extérieurs nets ont diminué de 7,15 % comparativement à une hausse de 3,38 % au mois précédent, tandis que les créances nettes sur le gouvernement central ont crû de 6 points de base de moins qu’au mois précédent, à 0,13 %. En glissement annuel, la base monétaire a augmenté de 11,44 %.

 Les taux d’intérêt nominaux sur les bons BRH n’ont pas changé ; ils sont donc restés à leur niveau du début de l’exercice, soit 3,50 %, 5,50 % et 7,50 %, respectivement pour les bons à 7, 28 et 91 jours. L’encours de ces bons a progressé de 0,16 % contre 37,21 % au mois précédent, et son poids dans la base monétaire est passé de 14,82 % à 15,02 % entre avril et mai 2005. En rythme annuel, cet encours a reculé de 8 %.  

Le crédit au secteur privé a augmenté de 176,7 MG, soit une hausse relative de 0,77 % contre 2,91 % au mois précédent. Ce ralentissement de la croissance du crédit au secteur privé est une résultante de la baisse du crédit en dollar ÉU de 0,94 %, qui a contrebalancé une hausse de 2,31% du crédit en gourdes. Le crédit au secteur public a maintenu sa croissance molle, qui s’est inscrite à 0,72 % contre 0,04 % au mois précédent. En glissement annuel, les crédits aux secteurs privé et public ont crû de 11,82 % et 2,23 %, respectivement.

La variation relative de la masse monétaire M1 est passée de –0,27 % au mois précédent à          –0,05 %, pour s’inscrire à 17 696,6 MG. Cette récession de M1 est due à l’effet d’une baisse de 1,57 % de la monnaie en circulation, qui a plus que compensé une hausse des dépôts à vue. En rythme annuel, la masse monétaire M1 a crû de 14,85 %.

L’agrégat monétaire M2 a accusé une contraction de 0,24 % relativement au mois précédent et s’est établi à 37 532,3 MG. Cette baisse de M2 reflète l’effet combiné de celle de M1 et de la quasi-monnaie (-0,41%). La masse monétaire M2 est en hausse de 11,65 % par rapport au même mois de l’exercice antérieur.   

La masse monétaire au sens large M3 a épousé le même comportement que M2 et les dépôts en dollars (baisse de 0,31 %) pour s’établir à 63 778,5 MG, en baisse de 0,27 % par rapport au mois d’avril. En glissement annuel, elle s’est accrue de 13,32 %.

Mesurée par le ratio dépôts en dollars/dépôts totaux, la « dollarisation » de l’économie haïtienne, s’est inscrite à 48,69 % contre 48,83 % au mois antérieur. Les ratios dépôts dollars/M3 et de couverture du crédit en dollars se sont inscrits à 41,15 % et 40,91 % respectivement, contre 41,17%[2] au mois précédent. Enfin, le multiplicateur monétaire s’est établi à 1,97 contre 1,95 en avril dernier, en raison d’une baisse plus que proportionnelle de la base monétaire par rapport à la masse monétaire au sens large.


[1] Base 100 en novembre 2004

[2] pour les deux.

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