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Le second trimestre de l’exercice fiscal 2000 a mis en lumière l’ampleur des tensions inflationnistes sévissant au sein de l’économie haïtienne. La croissance des agrégats monétaires et de crédit s’est accélérée, induisant un affaiblissement de la valeur interne et externe de la monnaie nationale. Les avances consenties au gouvernement central ont fortement augmenté à cause du blocage des décaissements de l’aide externe. Ceux-ci ont été conditionnés à la mise en œuvre de certaines réformes difficilement réalisables en l’absence d’un climat politique serein et stable. Vu la persistance de la crise politique, il est souhaitable que les autorités monétaires mettent encore plus de rigueur dans la conduite de la politique monétaire afin de ne pas perdre les acquis des exercices passés depuis 1997, en termes de baisse de l’inflation et de stabilité du taux de change. La pression observée au niveau des prix intérieurs s’est ravivée en mars 2000; la variation de l’indice des prix à la consommation est passée de 1,13 % en février à 2,05 %. Le taux d’inflation, mesuré en glissement annuel, s’est établi à 12 %, dépassant ainsi la borne supérieure de la fourchette ciblée pour l’exercice fiscal en cours (9 % - 11 %). La dépréciation de la monnaie nationale par rapport à la devise américaine s’est renforcée en mars. Le cours moyen du change gourde/dollar ÉU a progressé de 4,9 % en dépit de la posture monétaire restrictive de la Banque centrale. En fin de période, le taux de change s’est établi à 19,7373 gourdes contre 19,1848 en février et 16,9411 en septembre; cette évolution témoigne de la forte instabilité du cours de la gourde. Les conditions monétaires se sont resserrées principalement par l’utilisation des bons BRH dont la rémunération a été très attrayante. Avec une progression de 10,4 % de tous les taux, la Banque centrale a pu éponger une portion plus importante des liquidités du système, soit un montant de 2,229 milliards de gourdes représentant 29,3 % des réserves des banques; l’encours des bons était de 2,068 milliards en février 2000. Il a augmenté de 6,8 % en mars par rapport au mois précédent et de 40,6 % par rapport à septembre 1999. Sur les bons à 7 jours, les taux sont passés de 10 % en novembre 1999 à 12 % ce mois-ci. Pour les maturités de 28 et 91 jours, les taux ont évolué de 12,1 % à 14,2 % et de 21,1 % à 23,3 %, respectivement. Le rythme de croissance des agrégats monétaires et de crédit a repris au mois de mars. Le crédit a évolué à la hausse dans les secteurs privé et public. Les composantes gourde et dollar du crédit au secteur privé se sont accrues de 2,5 % et 2,9 %, respectivement. Le crédit au secteur public a augmenté de 1,3 % en mars alors qu’une légère compression de 0,3 % avait été enregistrée au mois de février 2000. Sur le trimestre, la croissance des agrégats de crédit a évolué dans une fourchette de 12 % à 14 %. En glissement annuel, l’expansion est plus élevée et l’écart plus grand, soit 18 % et 36 %, respectivement.
L’expansion de la dollarisation de l’économie s’est légèrement affaiblie. De 35 % le mois précédent, la part des dépôts en dollars ÉU dans les dépôts totaux a atteint 35,8 % ce mois-ci. Par rapport à la masse monétaire M3, la part des dollars ÉU est passée de 28,8 % à 29,3 % en mars 2000. La part du crédit en devise américaine a à peine augmenté, passant de 39 % à 39,1 %. Par rapport à la même période de l’année précédente, cette part a progressé de 18,5 %. Veuillez consulter les Graphiques et Tableaux portés en annexe (certaines statistiques sont provisoires et, par conséquent, sujettes à révision dans des publications futures).
Direction de la Monnaie et de l’Analyse Économique |
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