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Le mois d’octobre 2004 a consacré un solde négatif de 206,5 MG sur les opérations financières de l’Etat. Ce déficit a été enregistré en dépit d’une hausse de 23,43 % des recettes et d’une baisse de 37,48 % des dépenses au début de l’exercice. Toutefois, contrairement au mois d’octobre 2003 (où un financement monétaire de 80 MG a été octroyé au gouvernement central par la BRH), un remboursement de 530,5 MG a été consenti à la banque centrale par le trésor public. Cette posture des autorités gouvernementales a permis de stériliser complètement l’impact du déficit budgétaire sur la croissance de la masse monétaire et de contenir ainsi l’inflation, tout en maintenant la stabilité du taux de change. L’indice des prix à la consommation (IPC) s’est chiffré à 340,67 et est en hausse mensuelle de 0,84 % par rapport au mois précédent. En rythme annuel, l’inflation continue de ralentir, pour s’inscrire à 21,98 % contre 22,53 % en septembre 2004. La situation de la gourde par rapport au dollar ÉU demeure relativement stable, le taux de change moyen mensuel s’étant inscrit à 36,78 gourdes pour un dollar contre 36,61 précédemment. Au mois octobre 2004, la base monétaire a crû de 0,82 % pour s’établir à 31 235,1 MG et cette progression est au ralenti de 2,35 points de pourcentage par rapport à celle du mois de septembre. Le ralentissement de la croissance de la base monétaire reflète particulièrement celui de l’accroissement des réserves des banques qui s’est établi à 0,49 % contre 2,29 % précédemment. A l’actif, les avoirs extérieurs nets ont augmenté de 8,32 % comparativement à une baisse de 0,03 % précédemment. A remarquer que la hausse des avoirs extérieurs nets est une résultante d’un effet-taux de change, le volume de cet indicateur évalué en dollars ÉU étant en baisse de 0,09 %, tandis que le taux de change de fin de période a accusé une hausse de 0,91 % (bien qu’en repli de 1,11 point de pourcentage relativement à septembre 2004). Quant aux créances nettes sur le Gouvernement central, elles ont baissé de 2,10 % (contre une hausse de 4,05 % précédemment), pour s’établir à 21 126.1 MG et sont en hausse de 12,37 % par rapport au mois d’octobre 2003. Les autorités monétaires ont maintenu le relâchement de la pression sur la liquidité du système bancaire, axé sur une politique de détente des taux d’intérêt directeurs. En effet, les taux d’intérêt nominaux sur les bons BRH de 7 jours sont restés inchangés, s’inscrivant à leur niveau (3,50%) de septembre 2004. Les taux sur les instruments de 28 jours ont gagné 1,2 point de pourcentage tandis que ceux des bons de 91 jours sont passés de 7,60 % à 7,50 %. Conséquemment, l’encours total des bons BRH s’est stabilisé autour de 3,5 milliards de gourdes et le poids des bons dans les réserves des banques a reculé de 8 points de base pour se fixer à 16,58 %. En rythme annuel, l’encours des bons BRH s’est contracté de 28,28 %. Le crédit au secteur privé a crû de 1,38 % (contre 0,89 % précédemment), s’inscrivant à 21 291,3 MG au cours de ce premier mois de l’exercice fiscal 2004. Cette progression des créances sur le secteur privé est consécutive à celle du crédit en dollar (3,37 % contre 4,14 % précédemment) qui a largement compensé une baisse de 0,52 % du crédit en gourdes (contre -2,02 % antérieurement). La hausse du crédit en dollar est essentiellement due à un effet-volume, la quantité de dollar ÉU consacrée au crédit privé par le système ayant augmenté de 2,44 % (s’établissant à 285,12 millions de dollars ÉU). En ce qui a trait au crédit au secteur public, une contraction de 1,34 % a été enregistrée contre une hausse de 4,32 % au mois précédent. En rythme annuel, le crédit aux secteurs public et privé ont varié respectivement de + 12,34 % et de + 7,28 % contre + 15,93 % et + 7,60 % au mois précédent. La masse monétaire M1 a affiché une hausse de 1,28 %, s’inscrivant à 16 109,9 MG et reflétant ainsi l’effet combiné de la variation de la monnaie en circulation et des dépôts à vue, respectivement de + 1,30 % et de +1,25 %. En glissement annuel, M1 a crû de 13,95 % et cette progression est en légère accélération par rapport au mois de septembre dernier (12.34 %). Au 30 octobre 2004, l’encours de l’agrégat monétaire M2 s’est établi à 35 058 MG, accusant ainsi une hausse de 1,65 % contre 0,31 % précédemment. Cette légère hausse de M2 reflète celle combinée de M1 et de la quasi-monnaie (1,86 %), induite d’une progression des dépôts d’épargne et à terme & autres de l’ordre de 1,33 % et 2,55 % respectivement. En rythme annuel, cet agrégat a crû de 14,09 % contre 12,72 % en septembre dernier. S’inscrivant à 57 554 MG, la masse monétaire M3 a varié de 1,44 % contre 0,41 % un mois plus tôt. Il en découle donc une accélération relative, attribuable à celle de la croissance de M2, doublée de celle de la progression des dépôts en dollars ÉU libellés en gourdes (1,10 % contre 0,55 % précédemment). La légère hausse des dépôts en dollars est attribuable à un effet-combiné taux-volume (de l’ordre de 0,91 % et 0,19 % respectivement). En glissement annuel, la croissance de M3 s’est légèrement accélérée, passant de 9,10 % à 10,08 % entre septembre et octobre 2004. Appréciée en terme de dépôts en dollars en pourcentage de l’ensemble des dépôts du système bancaire, la dollarisation de l’économie haïtienne s’est relativement stabilisée et n’a gagné que 8 points de base en s’affichant à 46,14 % contre 46,29 % au mois précédent. Pour sa part, le ratio dépôts-dollars/M3 a perdu 11 points de base, se fixant à 39,09 %. Mesuré par le rapport crédit en dollars/dépôt en dollars, le ratio de couverture du crédit en dollars est passé de 46,06 % à 47,09 % entre septembre et octobre 2004. Le multiplicateur monétaire n’a varié que de 0,55 %, s’inscrivant à 1,84 en octobre 2004. Le comportement du multiplicateur est consécutif à la croissance plutôt modérée de la masse monétaire et un ralentissement de celle de la base monétaire.
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